Offrir son entreprise en adoption… ou en garde partagée

Émission du 30 avril 2012 - Dans l'oeil du dragonAvant de débuter, je dois absolument remercier Radio-Canada, les dragons, mais surtout VOUS, les braves qui osez mettre vos tripes sur le plateau de tournage devant ces 5 investisseurs.  Bientôt, je devrai verser des royautés aux participants à l’émission DANS L’ŒIL DU DRAGON, car la valeur de mon école de communication augmente un peu plus chaque semaine.  Je sais que je me répète un peu, mais les entrepreneurs les moins performants, les plus nerveux, sont ceux qui ne sont pas prêts à affronter une telle situation.  Un manque de préparation qui les fait carrément passer à côté d’un investissement.  Je peux vous garantir que dans la seule émission de cette semaine, Julien Venne (Big Boy cage mobile) et Richard Jean (Deknik, jeux de sociétés) auraient augmenté d’au moins 75% leurs chances de repartir avec un portefeuille mieux garni s’ils avaient été assis dans ma salle de cours un petit 24 heures, le temps de suivre notre formation sur l’art de prendre la parole en public.  Au lieu de ça, ils ont eu droit aux commentaires suivants :

Dragonne Henkel à l’endroit du concepteur de la cage pour chien Big Boy : « C’est un produit qui me parle, mais quelque chose me dit que si j’investis avec toi aujourd’hui…. » (Le tout suivi d’une série de contorsions faciales très drôle de la part de la dragonne, qui auraient pu se traduire par un : je ne suis pas certaine de l’entrepreneur)

Dragon Lambert, s’adressant à Richard Jean, concepteur de jeux : « J’aime le jeu.  L’entrepreneur n’est pas préparé à faire un pitch de vente pour me convaincre d’investir.  Je passe »

L’émission du 30 avril se résume en une phrase :

LES INVENTEURS NE SONT PAS DES VENDEURS

 

En plus des deux cas cités précédemment, cette affirmation caractérise très bien 3 autres entrepreneurs :

-       Sébastien Lassonde, père de 5 enfants et concepteur d’un produit d’affichage très prometteur.  Il est capable de minuter la vitesse d’assemblage de son produit, mais on ressent une grande panique intérieure lorsque vient le temps de mettre son chapeau de représentant des ventes.  Résultat : moins de 20 000 $ de vente dans la dernière année.  Et 5 emplois en 5 ans… « en attendant que ça marche. »

Patrick-Miller-       Patrick Miller.  Il a effectué des milliers de changements de couches, ce qui a fait germer en lui l’idée de concevoir une toute nouvelle table à langer.  L’inventeur en lui croit en cette table à langer.  La preuve : il a investi 100 000,00 $ dans la conception du produit.  Mais côté entrée d’argent, tout ce qu’il a récolté, ce sont des intentions, preuves à l’appui (selon lui) qu’il y a une demande pour ce produit.  Ce à quoi le dragon Frigon répondra, de la façon directe dont il nous a habitué : « Des preuves à l’appui, c’est des ventes, le reste, c’est de la bouillie pour les chats »

Au moment de rendre sa décision, le Dragon Lambert ajoutera: « Tu me parles de comment tu vas les fabriquer, mais jamais comment du vas les vendre.  Que t’en fabriques 10 000 et que tu les mettes sur des tablettes, je ne sais pas comment tu vas les vendre. »

Cynthia D'Amours-       Cynthia D’Amours, des maillots de bain GoldenFish.  D’une famille d’entrepreneurs, on sent le feu sacré bouillir en elle.  Cette jeune femme a du sang dans les gencives.  Elle connaît son domaine, elle a des idées, mais elle n’a rien de la défonceuse de portes et elle le sait.

Sébastien Lassonde et Cynthia D’amours ont reçu des offres très différentes de la part des dragons.  Sébastien a dû prendre la décision (sûrement très difficile) de confier son bébé à l’adoption, cédant 100% de ses actions à Normand Legault et François Lambert.  En échange, il reçoit : 100 000,00 $, 7% de royautés, mais surtout une culture entrepreneuriale.  Lui, qui se qualifie « d’entrepreneur dans l’âme », réalisera au contact de ces deux dragons, qu’il n’est en fait qu’un « entrepreneur en devenir ».  Son instinct l’a poussé, à minuit moins une, à accepter cette offre originale.  Bravo !  Il pourra se consacrer à son rôle de vie en toute quiétude, soit : INVENTER.

Pour Cynthia, ce ne fut pas l’adoption, mais bien la garde partagée.  Et pas avec n’importe qui : Dragon Vachon, dont la bourse était encore pleine (sans jeu de mots).  Celui qui, au cours des 2 premiers épisodes, avait davantage servi de chair à la caméra que d’investisseur,  attendait un coup de cœur.  J’aime bien cette attitude d’investir uniquement dans un secteur qui nous passionne.  Et le non verbal de ce dragon ne laisse aucun doute quant à son très grand intérêt pour… les femmes.  Blague à part, il s’agit, en ce qui me concerne, des meilleurs parents pour cette entreprise.  Maman pour la conception, les opérations, les ressources humaines.  Papa pour la mise en marché, les ventes, les relations publiques.  N’empêche, j’aimerais quand même que cette Cynthia fasse partie de l’un de mes groupes.  Après 24 heures sur l’art de prendre la parole en public, la passion qui bouille en elle serait davantage perceptible à l’extérieur.  Après tout, ce n’est pas une potiche.  Elle doit gesticuler davantage lorsqu’elle parle afin que monsieur et madame tout le monde perçoivent plus rapidement son dynamisme.  Si j’avais éteint le volume de la télé lors de sa présentation, en me fiant alors uniquement sur son non verbal, ma perception aurait été tout à fait différente.

Finalement, les 5 entrepreneurs dont il a été question ont tout avantage à trouver la personne chez qui ils trouveront les qualités qu’ils n’ont pas et de leur confier leur entreprise en garde partagée.  Des inventeurs sans vendeurs demeurent dans leur sous-sol et ont besoin d’un travail d’appoint pour joindre les deux bouts, ce qui se solde très souvent par l’abandon de l’entreprise.  Ne renoncez pas, vous êtes à une personne de faire prospérer votre entreprise.

Une personnalité qui ne récolte par d’argent, mais qui marque quand même des points :

Devenir candidat à une émission comme DANS L’ŒIL DU DRAGON peut vous permettre d’obtenir exactement ce que vous voulez même si vous ne l’obtenez pas immédiatement lors de votre passage.  Tous les chemins mènent à un investisseur.  En effet, si votre produit ne séduit pas l’un des dragons, vous pouvez très bien être le coup de cœur d’un téléspectateur qui partage la même passion pour votre secteur d’activité.

Émilie de l'entreprise Repti ZoneÉmilie, de l’entreprise Repti Zone, en est un bon exemple.  Cette jeune femme passionnée par toutes sortes de bibittes cherchait auprès des dragons un investissement lui permettant de développer son concept de zoo mobile.  Elle n’est pas repartie avec de l’argent, mais avec un déluge de compliments.  Car s’ils ne se trouvaient pas d’affinité avec l’entreprise en question, tous ont été charmés par la belle personnalité d’Émilie.  Les compliments fusaient de toute part :

« T’es la plus passionnée d’entre tous »

« Ce que je trouve remarquable, c’est que tu as pris ta passion pour en faire une entreprise »

« Je passe, mais… »

« T’as une belle passion, bravo, bonne chance, t’as un bel avenir »

Prendre la décision de vivre de sa passion finit toujours par rapporter.  D’ici deux semaines, cette jeune entrepreneure trouvera son dragon, ailleurs.  Un conseil toutefois : elle doit apprendre à écouter.  À plusieurs reprises, je l’ai entendu « couper » son interlocuteur, ce qui n’est pas acceptable.  La passion, ça se canalise.

Vous avez déjà hâte au prochain épisode ?  Vous n’êtes pas les seuls.  C’est un rendez-vous.

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